Société
Elle se divisait en trois classes sociales distinctes :
- les Naborias ou villageois travaillant la terre,
- les Nitaínos considérés comme les nobles des tribus,
- les Bohiques ,chamans ou prêtres qui représentaient les croyances religieuses et le Cacique connu aussi sous le nom de "Guare", chef de la tribu ou "Yucayeque".
De plus existait un chef suprême auquel les Caciques devaient verser un tribu.
Les caciques taínos : Les tainos étaient divisés en un grand nombre de cacicazgos ("zone d'un cacique") de dimension inégale, parfois tributaires d'autres cacicazgos. Le chroniqueur Fernández de Oviedo relate que dans l'Hispaniola se trouvaient cinq grands caciques en dessous desquels gouvernaient d'autres caciques de moindre importance. Les caciques tainos reçurent pacifiquement les conquistadors, en les considérant, à l'instar de tant d'autres peuples des Amériques, comme des dieux venus du ciel. Cependant, face aux mauvais traitement qu'ils reçurent des récents arrivés, les caciques organisèrent leurs forces et rejetèrent les agresseurs qui avaient pour but de les asservir. Les armes modernes des conquistadors (arquebuse, arbalètes, canons), leurs plastrons et armures, furent les clefs d'une lutte inégale qui mena à la défaite des caciques tainos. Les Tainos dénomment cacique le chef d'une unité territoriale dont le pouvoir se limitait à un yucayeque, un hameau, une vallée, etc. Parmi les caciques les plus importants de l'époque de l'arrivée des conquistadors (avec leurs zones de pouvoir respectives) : Agüeybana y Guaybaná (Guánica) - deux des plus puissants de l'île-, Aramaná (rives du río Toa), Arasibo (Arecibo), Cacimar (Vieques), Caguax (Caguas), Canóbana (zone du río Grande de Loíza), Daguao (Ceiba), Guacabo (Manatí), Guaraca (zone du río Guayanés), Guarionex (Utuado), Guayama (Guamaní), Hatuey, Jumacao (Humacao), Jayuya (Jayuya), Luisa (Loíza), Luquillo (Luquillo), Mabodomaca (Guajataca), Mabó (Guaynabo), Majagua (Bayamón), Mayagoex (Mayagüez), Orocovis (Orocovis).
Les peuples étaient organisés dans les clairières de la forêt, à l'intérieur des terres, avec deux types d'habitats : le bohío, circulaire, habitat commun des habitants du yucayeque, et le caney, plus grand et rectangulaire où habitait le cacique avec sa famille. Ces habitations étaient construite à base de feuilles de hinea (qui se ramasse dans les rivières et fleuves), et de bois. Pour dormir ils utilisaient des hamacs (ce mot est d'origine taina) tissés avec du coton. Les habits des tainos étaient pauvres, en partie du au climat peu rigoureux. Les Espagnols trouvèrent les hommes couverts avec un simple taparrabos, et les femme mariées avec un "pagne" de paille, coton ou feuilles nommées naguas. Les femmes célibataires vivaient nues. Les deux sexes s'appliquaient de la peinture corporelle noire, blanche, rouge et jaune. Ils décoraient leur corps de tatouages religieux pour se protéger es mauvais esprits, et ornaient leurs oreilles et lèvres avec de l'or, de l'argent, des pierrs, os ou coquillages. Ils confectionnaient entre autre des paniers, des poteries en céramique, ils sculptaient le bois, fabriquaient des filets et travaillaient l'or, abondant dans les cours d'eau de Porto Rico. Les Espagnols récoltèrent plus de dix tonnes d'or en épuisant les réserves de l'île et en spoliant les quelques objets d'intérêt que contenaient les meubles des caciques. Les caciques pratiquaient la polygamie, peu fréquente parmi le commun du peuple. Cette pratique pouvait se justifier par le nombre excessif de jeunes filles d'âge nubile, et parce que ne pas avoir d'enfants (ou de fils, hijos en espagnol) était une honte chez les tainos. Les relatives richesses des caciques, leur statut, et les faibles aspirations du peuple permettaient à ceux-ci d'avoir plusieurs épouses et enfants. La polygamie augmenta du fait de la constante lutte contre les Caraïbes. Les nombreuses baisses de la population masculine et l'impérieuse nécessité de maintenir un niveau de population, furent les facteurs déterminants de la propagation de la polygamie parmi les tribus tainas antillaises.