Histoire politique contemporaine
Une longue transition vers la démocratie.
Parvenu au pouvoir le 23 février 1930 suite à un coup d'état, le tyran
Rafael Leónidas Trujillo Molina régna sans partage jusqu'à son décès, allant jusqu'à changer le nom de la capitale du pays (Santo Domingo) en Ciudad Trujillo. Son régime anticommuniste notoire fut marqué par une répression sanguinaire, féroce et impitoyable. Le 3 août 1960
Joaquín Balaguer Ricardo, qui depuis 1935 avait été à divers titres au service du régime Trujillo, devint "président constitutionnel" fantoche au service de Trujillo afin, notamment, de donner un gage à l'organisation des Etats américains (OEA), qui exerçait alors des pressions sur la République dominicaine et son tyran. Au bénéfice de sa position au sein de l'appareil d'État, il réussit à prendre le pouvoir à la suite de l'assasinat le 30 mai 1961 de Trujillo (La Fiesta del chivo), faisant succéder une dictature au régime du tyran. Il fut néanmoins rapidement renversé.
La première élection libre depuis près de quarante ans porta au pouvoir
Juan Bosch, chef du Parti révolutionnaire dominicain (PRD). Celui-ci fut à son tout renversé par un coup d'État militaire. Très rapidement la situation devint confuse, confusion qui se solda par l'intervention en avril 1965 de l'armée des États-Unis. Cette confusion est usuellement mise en relation avec le fait que Bosch était perçu comme procastriste.
Balaguer remporta, ce qui n'était pas pour déplaire aux États-unis, les élections de juin 1966 et fut, aux termes d'élections fortement influencées par la violence politique d'État au service d'une dictature, réélu en 1970 et en 1974.
En 1978
Silvestre Antonio Guzmán Fernández, candidat du Parti révolutionnaire dominicain (PRD), fut élu. Il laissa la place en 1982 à
Salvador Jorge Blanco, également membre du PRD.
Balaguer retrouva un pouvoir de moins en moins dictatorial suite à l'élection présidentielle de 1986, et fut réélu en 1990 et en 1994. Cette dernière élection aux résultats serrés fut, aux dires des observateurs internationaux, suffisament entâchée d'irrégularités pour que seulement deux ans plus tard, la constitution soit modifiée et de nouvelles élections organisées.
Celles-ci conduisirent à l'élection du candidat du Parti de la libération domicaine (PLD; centre-droit)
Leonel Fernandez Reina, âgé de 43 ans.
En 2000 c'est le candidat PRD (membre de l'international socialiste)
Hipólito Mejía Domínguez, opposé, d'une part, à Danilo Medina, candidat du PLD - Leonel Fernández ne pouvant se présenter pour un second mandat au vu de la constitution- et, d'autre part, à Balaguer , candidat du Parti Réformiste Social Chrétien (PRSC; conservateur), qui accèda au pouvoir. Balaguer, âgé de 93 ans, obtint plus de 24 % des voix et manqua de peu la possibilité de provoquer un deuxième tour.
Balaguer décéda le 14 juillet 2002, mettant ainsi fin à son implication dans une très longue transition vers la démocratie.
Hipolito Mejia, candidat après une modification de la constitution lui permettant de se présenter pour un second mandat, perd les élections présidentielles de 2004 au profit de Leonel Fernández.
Aux élections législatives du 16 mai 2006, le PLD, parti de Leonel Fernández, obtient des électeurs dominicains une majorité au Sénat et à la Chambre des députés.